Du Caire à Beyrouth, en passant par la Libye et Damas, l'ambassadeur du Canada affiche un "calme tranquille" et un certain goût du bonheur mais il cache beaucoup d'énergie et de dynamisme.
Une poignée de main chaleureuse, un sourire communicatif, un calme prudent. La vie du diplomate semble avoir été taillée sur mesure pour refléter l'image désespérément parfaite d'un homme qui parcourt les continents, s'arrêtant le plus souvent dans un Moyen-Orient qui l'a vu naître. A 20 ans, il se voyait ingénieur dans un monde nouveau qui enchantait les rêves de la jeunesse égyptienne des années 60, avide de la liberté et démocratie. A 52 ans, il se retrouve ambassadeur du Canada au Liban, un pays qu'il connaît bien pour y avoir suivi une partie de ses études secondaires. Haïg Sarafian se souvient et les mots coulent, coulent sans arrêt.
Une adolescent heureuse " chez les jésuites" du quartier chic du Caire; suivie d'un passage à Beyrouth, au Collège Internatial, puis du grand départ en 1967 vers Montréal, simplement parce que ce monde va bien avec ses aspirations et une idée du bonheur.
Le bonheur. Il était partit le chercher loin de son Caire natal, de l'autre côté de l'Atlantique. Loin du soleil méditerranéen et ses racines arméniennes. L'aurait-il trouvé? " Je ne suis pas malheureux avec moi-même". Parce qu'il a une idée précise du bonheur. Simple. Elle tourne autour de ses deux filles Christine et Nathalie, qui s'intéressent l'une au droit, l'autre à la psychologie, et d'une épouse charmante avec laquelle il parcourt, main dans la main, la scène politique.
Pourtant, l'homme n'avait pas au départ le profil d'un habitué du Sérail, et s'est retrouvé "par hasard" reçu au concours du ministère des Affaires étrangères. A l'époque, ironise-t-il, il fallait un casier judicaire "vierge"; aujourd'hui, il suffit qu'il soit " acceptable ", il n'était pas non plus du genre à hériter du métier de tailleur de son père. Le voilà donc diplômé en hautes études commerciales de l'université de Montréal prêt à tenir son rôle avec aisance. Parce qu'il ne présente pas seulement l'image du beau parleur qui maîtrise l'élégance du verbe et le doité diplomatique. Chez lui, le savoir faire est toujours suivi, voire précédé du faire-savoir.
Du Pérou, il retiendra l'espagnol, apprend le portugais à Sao Paulo et revoit très sérieusement ses cours de "thèmes et version" du Collège International de Beyrouth réussissant à s'exprimer dans un arabe littéraire "presque" sans accent.
Sérieux, intelligent, travailleur. Comme son père qu'il admire, Haïg Sarafian sait affronter avec défi les nouveaux départs.