De: G. Gilles [gggmarketing@uol.com.br]
Envoyé: 22 février, 2004 08:41
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Objet: Fw: Le jardin de l'Ezbékieh au Caire
 

 
Le jardin de l'Ezbékieh au Caire
 
Le jardin de l'Ezbékieh au Caire a une nouvelle fois de changé de visage, car il vient d'être retracé et réaménagé. Un jardin qui a une très longue histoire.

Ce jardin a une longue histoire puisqu'elle commença au XIème siècle. Quand Badr El-Djamali reconstruisit les remparts du Caire, il fit aménager un espace vert entre les remparts et le Nil; c'étaient les "Belvédères de Louk". Des jardins recouvraient cette zone qui resta verdoyante jusque vers l'année 1250. Toutefois, les crues du Nil recouvraient les terrains devenus vagues. En 1476, sous le règne du sultan mamelouk Qaïtbaï, le maréchal Ezbek construisit un palais en bordure de ces terrains abandonnés où ne poussaient que quelques tamaris et des acacias sauvages.

Au cours de l'été de cette année 1476, Ezbek entreprit l'aménagement de ce vaste terrain et créa un jardin près de son palais qui prit par la suite son nom en s'appelant Ezbékieh. Ce jardin, entourant un lac au moment de la crue du Nil, devint le rendez-vous des Cairotes. En 1798, les troupes françaises de Bonaparte occupèrent l'Ezbékieh où ils organisaient des fêtes, mais un jour ils comblèrent le lac avec les portes qu'ils avaient enlevé au Caire. En 1799, ce quartier fut presque totalement ruiné à la suite des bombardements des Français.

Ce fut avec regret que le poète Hassan El-Attar décrivit l'Ezbékieh à la suite de ce bombardement barbare: "Le bassin de l'Ezbékieh contenait les habitations des grands et des chefs. Entourés de bosquets épais et ombrageux, leurs palais blancs semblaient être des corps d'argent habillés de soie verte. La nuit, une quantité innombrable de flambeaux éclairaient ce charmant séjour dont la beauté réjouissait le cœur et enivrait comme le vin. Que de jours et de nuits de bonheur n'ai-je pas passé dans ce paradis? Ces beaux moments sont dans le chapelet de mes jours comme des perles sans pareilles. Que de fois je me suis oublié pendant des heures entières à contempler, sur le miroir des eaux, le visage éclatant de la lune et les flots argentins dont l'inondait sa lumière. Je regardais le doux zéphyr caresser sa surface et soulever des vagues qui, se succédant en forme de sabres, allaient se briser contre le rivage. Les oiseaux qui gazouillaient sur les branches des arbres me réjouissaient l'âme et semblaient promettre aux habitants de cet heureux séjour un bonheur éternel".

Plus tard, ce fut Mohamed Ali qui redonna vie à l'Ezbékieh. En 1848, avec son fils Ibrahim pacha, le souverain réaménagea tout ce quartier de l'Ezbékieh, asséchant le lac pour y planter un jardin à l'européenne avec toutes sortes d'arbres exotiques. Mohamed Ali quitta la Citadelle pour venir habiter l'Ezbékieh dans un palais.

Pour transformer l'Ezbékieh, Mohamed Ali avait fait relever le niveau du sol qu'il entoura d'un canal bordé de sycomores. Ces arbres abritaient des cafés et l'Ezbékieh redevint le lieu préféré des Cairotes. Il fit orner ce jardin d'une belle fontaine de marbre de style Empire qui existe toujours.
En 1867, revenant de l'Exposition universelle de Paris, le Khédive Ismaïl décida de transformer le Caire, dont le quartier de l'Ezbékieh. Il ramena avec lui de Paris l'ingénieur G. Delchevalerie pour mener à bien ses travaux.

La rénovation de l'Ezbékieh fut merveilleuse. Calqué sur le parc de Monceau à Paris, ce jardin de 10 feddans épousait une forme rectangulaire coupé aux quatre angles. Il fut planté d'arbres et d'arbustes, ainsi que de fleurs, il y avait des grottes, des rivières et des cascades et une colline artificielle rappelant les anciens belvédères de Louk du XIème siècle.
G.V.